lundi 20 février 2017

Lettre de mon moulin

Avez-vous déjà médité dans un moulin ?

Il y a trois semaines, j’ai eu l’occasion de diriger un week-end de méditation dans un moulin. Un vrai moulin, avec de grandes ailes, au milieu d’une splendide campagne, à la frontière de la Bretagne et de l'Anjou, des pays d'Ancenis et de Châteaubriant …


Plusieurs amis de Nantes, d’Angers, de Niort, de la Mayenne s’étaient réunis pour organiser ce rendez-vous dédié à la pratique de la méditation.

Estelle, notre hôtesse, avait transformé la salle à manger en salle de pratique. Mireille avait imaginé les repas de galettes
goûteuses et salades fraîches. Elles avaient tout mis en œuvre pour nous recevoir de la meilleure manière qui soit et nous permettre d’explorer ensemble les trois pratiques de méditation transmises dans l’École.

Le moulin n’était pas en reste : planté là depuis quelques siècles, solide, accueillant, il nous offrait un cadre idéal pour nous poser. Quelle chance de pouvoir juste s’asseoir dans un lieu authentique, ayant une âme et qui vous montre qu’habiter le monde est possible !

Édifié au XVII ème siècle puis agrandi en 1850, le Moulin du Bel Air est flanqué d’une belle minoterie en 1922 puis d’un magasin à farine en 1935. Avec l’avènement des minoteries industrielles, le moulin est laissé à l’abandon pour être repris et entièrement restauré par le père d’Estelle en 1972.

Écouter Estelle parler de « son » moulin est magique. On sent l’amour qu’elle a pour cette bâtisse avec laquelle elle a tissé une profonde intimité durant son enfance, et puis on sent aussi toute la tendresse qu’elle a pour sa famille, ses grands-parents qui ont œuvré ici-même, son amour pour ce pays qui est resté un « vrai » pays.



Cette atmosphère de bienveillance simple, humaine, naturelle a coloré notre week-end. 

Les 18 personnes rassemblées là ont senti à quel point être réellement quelque part et méditer ensemble est bon, profondément bon.

Comment habiter son corps. Découvrir le souffle. L’agilité de l’esprit. S’ouvrir aux perceptions sensorielles et retrouver la bonté du quotidien. Comprendre l’articulation entre la Pleine présence, la Confiance et l’Amour bienveillant *… tel était le programme que nous avons travaillé ensemble pour célébrer  la réussite de ces premiers groupes régionaux de l’École occidentale de méditation.

En rentrant à Paris je me sentais légère, emplie d’une joie simple, celle d’une enfant ayant pu jouer dans un vrai moulin le temps d’un week-end, celle d’une adulte retrouvant le goût des autres, de la nature, du vent et de la pluie.


* ces enseignements sont des extraits des modules transmis lors des stages de découverte de la méditation organisés par l'École occidentale de méditation.
 
Marie-Laurence Cattoire
Paris

dimanche 19 février 2017

Ne rien faire. Quoi ?

En lisant le livre de Fabrice Midal et réfléchissant aux nouveaux exercices qu’il donne, je me suis rendu compte que s’asseoir en silence sans but, sans rien chercher de particulier nous invite à laisser être quelque chose, d’emblée. Mais qu’est-ce que ce quelque chose ? Quel est-il ? On ne sait pas vraiment mais on pourrait le décrire comme le fait d’ouvrir une page blanche, se disposer, être directement dans un certain rapport. C’est un rapport où l’on n’est plus l’acteur principal d’un film autobiographique. Un film où tout prend racine à partir du "moi moi-même et encore moi", mais un rapport d’ouverture, de curiosité, d’écoute et d’attente pour laisser peut-être quelque chose se donner.

On ne sait pas vraiment ce que c’est, et au fond, on n’a pas besoin de savoir pour le faire. En ça, se foutre la paix met en jeu une certaine dimension d’aventure, on part à la découverte de soi, des autres, et du monde. C’est un déplacement du point de vue habituel pour redécouvrir quelque chose qui nous est naturel et que nous avons tendance à perdre, ou nous en éloigner.

Si l’on tente de décrire ce qui se donne lorsqu’on est disposé ainsi : prêt à la rencontre, pour autant qu’on accepte de ne pas savoir d’avance, de ne pas tout contrôler et de ne pas être possesseur de tout ; on pourrait dire tout simplement que c’est la vie qui est en nous et qui coule dans nos mains et notre cœur. C’est l’intelligence et le savoir de l’existence. C’est la santé et la tendre humanité. C’est la dignité et la justesse propre à l’être humain, qui nous habitent par delà les aléas de la vie et les turbulences de notre esprit.

Clément Cornet
Bourg la Reine

samedi 18 février 2017

Jamais content

J’ai souvent été insatisfait. 

Quand j’étais petit on me disait que je n’étais jamais content.
Aujourd’hui encore j’ai fréquemment l’impression de ne pas être là où il faudrait que je sois. Quand je suis au travail je pense que je préférerais être à un séminaire de méditation. Quand je passe quelques jours de vacances en famille, je finis par m’ennuyer et lorsque je pars pour un séminaire de l’Ecole occidentale de méditation, au bout de quelques jours ma famille me manque. 

Rien n’est définitif, tout peut se transformer. Même ce qui m’a collé à la peau comme une étiquette, ce « jamais content » peut s’évanouir comme un parfum dont on s’étonne de ne plus retrouver la sensation. 

Quand parfois je reste assis longtemps sur mon coussin de méditation et que je me rends compte que j’ai apprécié ce moment, je vois que je peux tout apprécier dans la vie. 

La semaine dernière  j’étais en voyage pour mon travail. Ce déplacement était prévu depuis plusieurs mois. Je l’appréhendais un peu parce que je savais que le voyage en avion avec correspondance allait être long, et qu’ensuite, une fois sur place ce qui m’attendait c’était trois jours très intensifs où il allait falloir être concentré du matin très tôt jusqu’au soir très tard. Dans ces conditions, la fatigue est telle que je ne peux pratiquer la méditation que quelques minutes avant de me coucher le soir dans ma chambre d’hôtel. 

Et bien chose incroyable je me suis surpris à apprécier de passer ces quelques jours avec mes collègues de travail et à vivre pleinement l’intensité des échanges et des réunions. J’avais le sentiment d’être là où il fallait que je sois et je me souviens avoir pensé que là où j’étais c’était là où c’était le plus important d’être. 

Oubliée la famille, oubliée même la méditation. Pour une fois j’étais au centre de ma vie. Je peux dire que pour une fois, je me foutais la paix.

Xavier Ripoche
Paris

samedi 11 février 2017

Parce que


Depuis le tout début, j’ai toujours trouvé que méditer était difficile.  J’y vais souvent en râlant, en me disant « Allez, il faut que je m’y colle… ».  
Et cela fait dix ans que ça dure.

Un jour où j’allais méditer en maugréant comme à mon habitude, mon fils m’a demandé : « Mais maman, pourquoi vas-tu méditer alors ? »
Pourquoi je médite ?  
 Je pourrais dire que la pratique de la méditation a transformé ma vie de façon profonde mais subtile.  Mais dans le fond, ce n’est pas la vraie réponse.  
 En fait, je ne sais pas pourquoi je médite, c’est de l’ordre du mystère.   
C’est comme si l’on demande à Paul pourquoi il aime Marie.   
Comment peut-on répondre à une telle question ? 
Pourquoi je médite ?  Pour rien. Ou comme disent les enfants : Parce que.
Anne Vignau
Saint-Gratien

jeudi 9 février 2017

Ne pas chercher à convaincre

Depuis que j’ai découvert la pratique de la méditation m’est souvent venue l’envie de la partager avec d’autres personnes. J’ai parfois même brûlé de dire à quel point elle peut tout changer dans la vie et nous rendre vraiment libres.
Autour de moi je vois des personnes angoissées ou déprimées, alors je me dis que la pratique de la méditation pourrait peut-être les aider à vivre. Particulièrement quand il s’agit de personnes proches je pense à leur suggérer l’idée de s’asseoir sur un coussin. Pourtant les quelques fois où j’ai franchi le pas, ou j’ai proposé l’expérience, j’ai eu peu de succès. Quelques séances de pratique sont restées sans suite avec certains, d’autres propositions ont été accueillies par une sorte d’indifférence polie ou par une incompréhension, voire une réprobation.
Je vois aujourd’hui un peu mieux ce qui se passe. Je pense que le désir de faire connaître la méditation est légitime mais que parfois il y a quelque chose d’un peu trouble ; il me semble que je cherche parfois plus à convaincre qu’à suggérer et que je ne suis finalement pas très loin du prosélytisme.
Il y a quelques mois lors d’une soirée du mercredi où Fabrice Midal présentait la médiation, une personne dans l’assemblée qui venait pour la première fois lui a demandé ce qu’il pourrait lui dire pour la convaincre de revenir. Fabrice a répondu qu’il ne cherchait pas à convaincre. Il se contentait de présenter la pratique. Libre à chacun de voir si cela lui parlait ou pas et de revenir ou pas. Cette réponse m’a déconcerté et ouvert les yeux en même temps. Je me suis rendu compte que si on m’avait posé cette question, sans doute aurais-je cherché des arguments pour que la personne revienne.
Entre suggérer l’idée de la méditation et vouloir convaincre, la frontière est parfois ténue. Nos désirs de faire découvrir à d’autres la méditation peuvent ne pas être tout à fait clairs. Dans mon cas il s’agit d’un vrai travail que de démêler les raisons qui font que je suis parfois tenté de faire cette suggestion.
Par exemple si j’ai le désir d’être mieux compris des personnes de mon entourage, plus aimé, moins seul, cela ne marche pas. La méditation peut nous permettre d’être de mieux comprendre les autres, d’être plus aimant, plus en lien avec eux, de nous sentir moins isolés. Il ne s’agit pour autant pas d’éviter la solitude mais au contraire de l’apprivoiser, de s’en faire une amie.
La meilleure chose qu’on puisse faire je pense c’est d’incarner la méditation en assumant une certaine solitude plutôt que de chercher à créer un quelconque effet auprès des autres. Peut-être qu’alors c’est la méditation qui parlera d’elle-même à travers nous.
Au fond, vouloir convaincre est le signe d’un manque de confiance dans la pratique. On cherche à se rassurer dans le regard des autres au lieu de s’abandonner à l’expérience nue. La transmission de l’expérience méditative ne peut avoir lieu qu’en dehors du champ de notre volonté, même si cela n’exclue pas le désir profond de la transmettre.

Xavier Ripoche
Paris

mercredi 8 février 2017

Temps couvert


Samedi matin, le temps est gris, le ciel est bas. Je me pose sur le coussin.  Je sens la présence de l’angoisse, à son endroit habituel, autour du plexus.  C’est agité et très vif. 
Cela me fait penser à une valse d’électrons qui s’agitent dans tous les sens.  Elle est pleine d’énergie, cette angoisse, tout en étant diffuse et sans cause particulière.   
La valse des électrons ralentit. L’angoisse diminue tout doucement et cède la place à un cœur lourd.   
C’est compact et pesant.
Et derrière ce gros caillou apparaît une béance, du vide.  La valse des électrons reprend de plus belle et l’angoisse vient remplir le vide.
C’était comme ça ce matin.  Tonalité grise de ma pratique, comme le temps qu’il faisait.
Anne Vignau
Saint-Gratien

mardi 7 février 2017

La respiration comme partenaire de jeu


Quand j’ai commencé à pratiquer la méditation, je me souviens avoir reçu comme instruction de porter une légère attention sur le souffle.
Cette instruction toute simple est devenue très vite et sans que je m’en aperçoive une nouvelle manière de me juger et de m’en vouloir. 


Très souvent, pris par mon envie de bien faire, de bien suivre l’air qui entre et l’air qui sort, de ne rien louper, de tout contrôler, je finissais par être complètement crispé et déçu. Lorsque mon attention n’était plus sur le souffle, j’avais le sentiment d’avoir raté quelque chose et j’étais très souvent pris par le sentiment de ne pas y arriver...



Aujourd’hui quand je m’assieds sur mon coussin, avant même d'entamer la pratique, je commence chaque session par juste me dire : « fous-toi la paix ! »



A partir de ce simple laisser être, de ces quelques secondes d’arrêt, j’entre dans la pratique de manière beaucoup plus joueuse et amicale.

Je porte attention au corps, à la posture, et je pose délicatement mon attention sur le souffle sans en faire toute une histoire. 


Le souffle, à partir de cet espace frais et vivant, s’éclaire pour moi d’une manière complètement neuve. Il n’est plus un simple objet d’attention que j’observe de l’extérieur mais devient le mouvement même de la vie. Chaque respiration me montre que je suis vivant, m’enseigne que je peux toujours recommencer à neuf, m’aide à toucher la fraîcheur du présent vivant.


Ainsi, la pratique devient un jeu et la respiration ma partenaire...



Guillaume Vianin
Neuchâtel

mercredi 1 février 2017

Aimer est un chemin.

« Puissé-je me sentir en sécurité »
« Puissé-je être heureux »
« Puissé-je être en bonne santé »
« Puissé-je vivre à l’abri des problèmes et des difficultés »

Ces phrases sont tirées du livre de Sharon Salzberg « L’amour qui guérit ».
Pendant les pratiques d’amour bienveillant on s’appuie sur des mots ou des images pour faire naître un sentiment de bonté et d’amour. 

On commence les pratiques en s’adressant à soi. 

Cela peut paraître assez égoïste de se souhaiter d’être heureux. Dans notre culture on a tendance à penser qu’il faudrait d’abord penser aux autres. Il y a là quelque chose d’étonnant, voire même de désarmant. C’est bien là un des effets de ces phrases dont je découvre tous les jours la profondeur. Elles me désarment !  Je me rends compte aussi à quel point quand je passe de « puissé-je être heureux » à « puissions-nous être heureux » ou « puissent tous les êtres être heureux », il n’y a pas tant de différence que ça. Si je faisais l’impasse sur le souhait initial de m’adresser des paroles bienveillantes, le reste de la pratique serait artificiel, alors qu’en suivant cette première instruction je me sens  d’emblée un être humain en lien avec les autres. 

Par ailleurs c’est assez désarçonnant de se souhaiter simplement d’être heureux. Ce serait plus facile de souhaiter avoir un gâteau au chocolat ou faire une conquête amoureuse. Prononcer ces mots nous permet de nous mettre en contact avec notre vrai désir.

On peut  aussi trouver ces phrases un peu naïves, un peu « gnangnan ». Alors que les guerres font rage partout dans le monde et que tant de gens, proches ou lointains, sont malheureux, nous nous souhaitons le meilleur ainsi qu’à tous les êtres. C’est presque de la provocation. Cela va à l’encontre de ce que nous croyons habituellement. 

Quand j’étais adolescent je pensais que pour être en lien avec le monde il fallait que je fasse quelque chose de concret, travailler dans l’humanitaire ou dans le domaine social et je croyais que le lien avec les autres viendrait naturellement de ce travail. J’avais fait quelques tentatives avec des associations à but social, mais c’était au fond forcé et mon engagement n’avait pas duré. Je mettais la charrue avant les bœufs! Je crois aujourd’hui que pour entreprendre une action sociale ou humanitaire juste il faudrait déjà avoir un sentiment profond de lien avec les autres. 

Les pratiques de bienveillance aimante telles qu’elles sont enseignées dans l’école lors des soirées du jeudi à Paris ou pendant les stages court-circuitent nos idées reçues sur l’amour. Elles nous font découvrir qu’il ne sert à rien d’en parler de façon théorique ou abstraite mais que chacun peut en faire très concrètement l’expérience. 

Elles nous montrent que nous sommes tous capables d’aimer, que l’amour s’apprend, qu’aimer est un chemin et non pas un don du ciel que certains auraient, d’autres pas.

Xavier Ripoche

lundi 30 janvier 2017

La bienveillance aimante peut se nicher dans des endroits inattendus

Lors d’une pratique de bienveillance aimante, en cherchant à évoquer un moment où quelqu’un m’avait montré de la bienveillance, m’est revenu un souvenir vieux de trente ans.

Mon premier travail en France, dans une ville de province où je ne connaissais personne. Epoque où j’étais hyper speed, deux paquets de cigarettes par jour, travaillant – de mon propre choix – six jours par semaine, voire les jours fériés puisque je ne connaissais pas grand monde. Je me préoccupais très peu de mon apparence physique, j’étais complètement dans ma tête. 

Un jour mon patron m’a dit : « Anne, ça ne va pas, regardez comment vous êtes habillée, ma femme, qui a dix ans de plus que vous, paraît bien mieux que vous ».  Si ma mémoire est bonne, je portais ce jour-là un sweat-shirt lilas plutôt froissé avec mon look épouvantail à moineaux habituel.

Ce souvenir  m’est revenu comme un moment où quelqu’un avait fait preuve de bienveillance à mon égard. Mon patron m’avait parlé gentiment. Il fallait un peu de courage je crois.  Allez dire à quelqu’un qu’il a l’air de n’importe quoi…

J’ai commencé à prendre plus soin de moi. Quelques semaines plus tard, je me suis achetée un superbe manteau vert émeraude qui m’a coûté presque un mois de salaire.  J’ai beaucoup aimé ce manteau.  

Et je conserve toute mon affection à P.C., gentil patron que je n’ai pas revu depuis trente ans.

Anne Vignau
Saint-Gratien

dimanche 29 janvier 2017

L'attente de la neige

Dans l’Autriche de mon enfance le climat continental rythmait la vie. 

Les quatre saisons étaient nettement distinctes et les passages de l’une à l’autre d’une grande régularité. Chacune déterminait notre vie si fondamentalement.
L’attente de la neige par exemple - je me rappelle les nombreux matins où j’essayais de deviner une éventuelle chute de neige aux sons venant du dehors avant de tirer les rideaux,  parfois  ce fut la déception, parfois la grande joie. 

Puis la fonte des glaces au printemps et cette odeur incomparable de la terre trempée d’eau.

Puis il y avait aussi la fenêtre à laquelle ma grand-mère s’accoudait des après-midi entiers pour voir des gens passer, les interpeller ou simplement imaginer où ils allaient et ce qu’ils allaient faire. La fenêtre est toujours là, inchangée mais il n’y a plus rien à voir.
Les gens ne passent plus, plus que des voitures.

Ces sensations, ces images de mon passé lointain, la pratique de la méditation me les restitue parfois avec une fraîcheur étonnante. Je les reçois comme un cadeau. Elles arrivent comme des couches de roche ou des plaques de glace qui se détachent.

Si je ne prenais pas le temps de m’asseoir, très probablement,  je ne saurais pas à quel point tout cela est vivant en moi.

Et cet effet que peut avoir la méditation me fait penser au conte du Liezi, Faire venir le printemps à l’aide d’une cithare, que cite Alexis Lavis dans son très beau livre L’espace de la pensée chinoise  dont voici un extrait :

"… Shi Wen ne dit pas un mot et se contenta de sortir sa cithare. Il pinça alors une seule corde et le temps changea brusquement. Nous étions au printemps et, soudain, le vent d’automne se leva et les fruits mûrirent. Il pinça une autre corde et le soleil livra ses rayons d’août et le vert fatigué par l’été gagna toute la région. Enfin, il pinça une dernière corde : le vent du printemps souffla, les fleurs envahirent la plaine et les arbres…"  


Elisabeth Larivière
Paris